Comment calculer la rentabilité d'un investissement locatif ?

01 mai 2026 · 7 min de lecture

Calculer la rentabilité d'un investissement locatif est indispensable avant d'acheter. Cet article détaille pas à pas les formules, les charges à prendre en compte et des exemples chiffrés pour évaluer un projet sur le marché immobilier français.

Comment calculer la rentabilité d'un investissement locatif ?

Les notions clés de la rentabilité

Avant d'entrer dans les calculs, il est utile de distinguer les indicateurs les plus courants :

  • Rendement brut : simple indicateur de rapport loyer/prix.
  • Rendement net : déduit les charges non récupérables et la taxe foncière.
  • Rentabilité après financement (cash-on-cash) : tient compte du crédit et de l'apport.
  • TRI (taux de rendement interne) : mesure la performance en prenant en compte les flux de trésorerie et une revente future.

1. Calculer le rendement brut

Formule :

Rendement brut (%) = (Loyer annuel / Prix d'achat) × 100

Exemple : prix d'achat 200000, loyer 800 par mois → loyer annuel = 800 × 12 = 9600. Rendement brut = (9600 / 200000) × 100 = 4,8%.

2. Passer au rendement net (ou rendement réel simple)

Le rendement brut oublie les charges. Le rendement net est plus représentatif :

Rendement net (%) = (Loyer annuel - Charges non récupérables - Taxe foncière) / Prix d'achat × 100

Charges non récupérables = frais de gestion, assurance propriétaire non occupant ou garantie loyers impayés (si payée par le bailleur), provisions pour travaux, vacance locative, frais de syndic non récupérables, etc.

Exemple chiffré

  • Prix d'achat : 200000
  • Loyer mensuel : 800 → loyer annuel = 9600
  • Charges non récupérables : syndic non récupérable, assurance, gestion, provisions travaux = 5068 (détaillé ci‑dessous)
  • Taxe foncière : 1000

Calcul : rendement net = (9600 - 5068 - 1000) / 200000 × 100 = (3532 / 200000) × 100 = 1,77%.

Cet indicateur montre mieux la rentabilité locative hors financement.

3. Intégrer le financement : cash-on-cash (rentabilité après crédit)

Lorsque vous achetez avec un crédit, le critère important pour un investisseur est le flux de trésorerie annuel (cashflow) et la rentabilité par rapport à l'apport.

Étapes :

  • Calculer les revenus nets annuels = loyer annuel - charges non récupérables - taxe foncière - assurances - provisions travaux - vacance locative.
  • Calculer la charge annuelle du crédit (mensualités × 12).
  • Cashflow annuel = revenus nets annuels - charge annuelle du crédit.
  • Cash-on-cash (%) = Cashflow annuel / Apport total × 100

Exemple avec crédit

Calcul de la mensualité (formule d'annuité) : M = K × (i / (1 - (1 + i)^-n)). Ici i mensuel = 0,015/12 ≈ 0,00125, n = 240. La mensualité est d'environ 773,5 € → charge annuelle ≈ 9282 €.

Revenus nets annuels (exemple précédent) = 9600 - 5068 - 1000 = 3532.

Cashflow = 3532 - 9282 = -4750 (flux négatif).

Cash-on-cash = -4750 / 54000 × 100 ≈ -8,8%.

Interprétation : malgré un rendement brut de 4,8%, l'effet du crédit et du niveau de charges peut créer un cashflow négatif. Le crédit peut améliorer la rentabilité fiscale et créer un effet de levier sur le long terme si la valeur du bien augmente, mais il faut bien modéliser les flux.

4. Prendre en compte la fiscalité et les régimes

La fiscalité française influe fortement sur la rentabilité :

  • Pour la location vide : régime micro-foncier (abattement de 30% si revenus fonciers ≤ 15000) ou régime réel (déduction des intérêts, travaux, charges).
  • Pour la location meublée : micro-BIC (abattement 50% dans la plupart des cas, plafond 72600 en 2024) ou régime réel (amortissements possibles qui diminuent l'imposition).
  • Dispositifs fiscaux (Pinel, Denormandie, etc.) réduisent l'impôt mais peuvent diminuer le loyer ou imposer des contraintes locatives et un plafonnement des loyers.

La sélection du régime change le revenu imposable et donc la rentabilité nette après impôt. Par exemple, en LMNP au régime réel, l'amortissement peut rendre le revenu imposable proche de zéro pendant plusieurs années.

5. Le TRI (IRR) pour une vision dynamique

Le TRI mesure la performance en prenant en compte tous les flux : loyers nets, charges, remboursement du capital et prix de revente net de frais et impôts. Il permet de comparer des projets avec horizon différent.

Pour calculer le TRI :

  • Construire la série de flux de trésorerie annuels (négatifs au départ = apport + frais ; puis loyers nets - charges - mensualités ; enfin flux de revente année N).
  • Calculer le taux r qui annule la valeur actuelle nette (VAN) des flux.

Le calcul se fait souvent avec un tableur (fonction TRI). Dans l'exemple précédent, si après 10 ans vous revendiez le bien à 240000 (hors frais), il faudrait intégrer la plus-value nette après abattements et prélèvements sociaux pour estimer le flux final.

6. Les coûts à ne pas oublier

  • Frais d'agence ou de transaction éventuels.
  • Frais de notaire et hypothèque.
  • Travaux de rénovation et provisions pour gros travaux (toiture, ravalement).
  • Vacance locative : prévoir une marge (1 à 3 mois de loyer par an selon le marché).
  • Charges de copropriété non récupérables et fonds de travaux.
  • Assurances (propriétaire non occupant, GLI) et cotisations spécifiques.

7. Méthodologie pratique pour évaluer un bien

  1. Réunir les données : prix, loyer attendu, charges récupérables et non récupérables, taxe foncière, travaux prévus, frais d'acquisition.
  2. Calculer rendement brut puis rendement net.
  3. Construire un scénario de financement : montant emprunté, taux, durée, apport et mensualités.
  4. Estimer le cashflow annuel et le cash-on-cash.
  5. Projeter un horizon de détention (5, 10, 15 ans) et simuler une revente pour calculer un TRI.
  6. Tester des variantes : augmentation de loyers, vacance, hausse des taux d'intérêt, travaux supplémentaires.

8. Quelques repères pratiques

  • Un rendement brut inférieur à 3% dans une ville tendue peut rester intéressant si la décote fiscale et la valorisation du bien sont fortes.
  • Dans des marchés locatifs plus fragiles, visez un rendement net plus élevé (4% et plus) pour couvrir risques et financement.
  • L'effet de levier fonctionne mieux si le taux d'emprunt est faible par rapport au rendement locatif et si la fiscalité est optimisée.

Checklist avant d'investir

  • Vérifier les loyers comparables sur le secteur.
  • Estimer précisément les charges et la taxe foncière.
  • Simuler au moins deux scénarios de financement (durée courte et longue).
  • Choisir le régime fiscal le plus adapté (micro vs réel, meublé vs non meublé).
  • Calculer cashflow et TRI pour l'horizon choisi en tenant compte de la revente et de l'impôt sur la plus-value.

Ces méthodes et ces formules permettent d'avoir une appréciation chiffrée et réaliste de la rentabilité d'un investissement locatif en France. Pour une estimation précise, il est recommandé d'utiliser un tableur ou un simulateur adapté et de tester plusieurs scénarios.

Remarque : cet article a un but informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Pour une analyse détaillée de votre situation, rapprochez-vous des instruments de simulation et des professionnels compétents.

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